

Ligamentoplastie du croisé antérieur

Anatomie et histoire de la pathologie
Dans l'anatomie du genou, le ligament croisé antérieur (LCA) est situé au centre de l'articulation. Il s'attache à l'extrémité inférieure du fémur (l'os de la cuisse), traverse l'articulation en diagonale et se fixe sur l'extrémité supérieure du tibia (l'os de la jambe). Le terme "ligaments croisés" fait référence à la relation entre le LCA et son homologue, le ligament croisé postérieur (LCP), qui se croisent au centre du genou. Ce croisement intervient particulièrement lors des mouvements de flexion, d'extension ou de rotation de la jambe.
Ces deux ligaments jouent un rôle clé dans la stabilisation du genou. Le LCA a deux fonctions principales :
- Il limite le déplacement excessif du tibia par rapport au fémur ;
- Il empêche une rotation trop prononcée du tibia par rapport au fémur.
La rupture du ligament croisé antérieur désigne une déchirure, traumatique, qui peut être partielle ou complète, au niveau de ses points d'attache. Cette blessure entraîne des dysfonctionnements du genou et ne peut se réparer naturellement, nécessitant souvent une intervention chirurgicale. Par ailleurs, la rupture du LCA peut s'accompagner d'autres lésions.
Cause et facteurs des risque de rupture :
La rupture du ligament croisé antérieur (LCA) est une blessure relativement courante chez les sportifs, souvent associée à une entorse sévère. On estime que le risque de subir une entorse avec rupture complète du LCA est d'environ 1 sur 3000. Les sports les plus à risque sont le football, le ski, et les sports de combat, car ces activités sollicitent particulièrement le genou et augmentent les chances de déchirure ligamentaire.
La cause principale de cette rupture est un traumatisme. Il peut être direct, comme un coup porté au genou, mais dans la majorité des cas, il s'agit d'un traumatisme indirect, souvent dû à un mouvement de torsion. Cela se produit lorsque le pied reste bloqué au sol tandis que le genou tourne, que ce soit vers l'intérieur ou l'extérieur. Ce type de traumatisme survient fréquemment lors :
- d'une réception après un saut ;
- d'un changement de direction brusque ;
- d'un mouvement de pivot simple.


Quels sont les symptômes ?
Les symptômes d'une rupture du ligament croisé antérieur (LCA) apparaissent immédiatement après le traumatisme. Ils incluent :
- des douleurs intenses au niveau du genou ;
- des craquements audibles ;
- une sensation d'instabilité ;
- des difficultés à étendre complètement la jambe ;
- un gonflement du genou dû à la présence de sang dans l'articulation (hémarthrose) ;
- un blocage temporaire de l'articulation en raison de la douleur ;
- des difficultés importantes pour marcher, provoquées par la douleur.
À long terme, cette rupture se manifeste par une instabilité du genou et un inconfort au quotidien. Les mouvements impliquant des torsions ou des rotations deviennent compliqués, ce qui peut gêner dans les changements de direction. De plus, il devient difficile de pratiquer des activités sportives nécessitant des mouvements spécifiques, tels que les pivots. Il est donc essentiel de consulter un spécialiste dès l'apparition des premiers symptômes pour obtenir un diagnostic et un traitement appropriés.
Quel traitement ?
Le chirurgien vous a proposé une ligamentoplastie de genou suite à la confirmation de la rupture du ligament à l’IRM et un examen clinique concordant.
Les bénéfices attendus de l’intervention sont :
-
Stabilisation de votre genou
-
Sédation des douleurs
La ligamentoplastie du croisé antérieur consiste à remplacer le ligament endommagé par un tendon d'ischio-jambier ou une partie de fascia lata du même genou. Cette intervention est réalisée sous arthroscopie, ce qui signifie qu'elle se fait sans ouvrir directement l'articulation du genou. L'arthroscopie préserve les structures anatomiques en permettant l'accès à l'articulation sans perturber les muscles environnants. Cette approche présente plusieurs avantages par rapport à la chirurgie classique, notamment une réduction des pertes sanguines et une récupération post-opératoire plus rapide.


Hospitalisation et suites opératoires
L'intervention se fait en chirurgie ambulatoire (vous rentrez à domicile le jour même de l'opération).
L'intervention est réalisée sous anesthésie générale, souvent associé à une anesthésie loco-régionale. L'anesthésie loco-régionale permet d'éviter les douleurs post-opératoires pendant une vingtaine d'heure après la chirurgie.
La durée de l'intervention varie de 50 minutes à 1h15.
- Le pansement est à refaire par une infirmière à domicile à J7, il sera enlevé au 15ème jour postopératoire.
- Immobilisation dans une attelle pour une durée de 10 jours, puis début de la rééducation.
- Rééducation dès le lendemain de l'intervention avec un protocole précis qui sera remis à votre kinésithérapeuthe. Il faut compter en moyenne 3 à 6 mois de rééducation.
- Arrêt de travail pour une durée de 2 à 7 mois selon votre profession.
- Reprise de la conduite : 6 à 8 semaines

Risques liés à l'intervention
- La rupture itérative ou "re-rupture" du ligament en cas de traumatisme, nécessitant parfois une nouvelle intervention.
- Il existe un risque de raideur si la rééducation fonctionnelle n'est pas suivie ou prend du retard en postopératoire.
- Bien que rare (environ 2%), le risque d’infection du site opératoire existe. Dans certains cas, cela peut nécessiter une nouvelle intervention chirurgicale et un traitement antibiotique prolongé.
- Un risque d'hématome ou de saignement après l’opération est également possible.
- Les dommages cutanés et les cicatrices inesthétiques sont extrêmement rares en arthroscopie.
- Les lésions nerveuses ou vasculaires restent également des complications peu fréquentes lors d’une ligamentoplastie de croisé antérieur.
